Calcul des droits de succession

Ils sont calculés sur la part nette de chaque héritier ou légataire, après abattements et par application d’un tarif qui diffèrent selon son lien de parenté avec le défunt. Depuis le 22.08.2007, les droits de succession entre époux et partenaires pacsés sont supprimés. Les taux des deux tranches les plus élevées du barème en ligne directe sont, pour les successions ouvertes à compter du 31.07.2011, augmentés de 5 points à 40 % et 45 % (contre 35 % et 40 % auparavant).

1. Principe

    Les droits de succession sont calculés sur la part nette (biens imposables – dettes déductibles) de chaque bénéficiaire :

  • après abattements,
  • et par application d’un tarif,

qui diffèrent selon le lien de parenté avec le défunt.

    Pour les successions ouvertes à compter du 22.08.2007, la loi a instauré un allègement significatif des droits de succession, notamment en faveur des proches parents :

  • exonération des successions entre époux ou partenaires pacsés,
  • exonération de certaines successions entre frères et sœurs âgés de plus de 50 ans ou infirmes, célibataire, veuf ou divorcé, vivant sous le même toit,
  • instauration d’un abattement en faveur des neveux et nièces,
  • relèvement de nombreux abattements, notamment entre frères et sœurs, en faveur des handicapés.
Remarque

Dans le cas d’une succession entre frères et sœurs, les neveux et nièces venant à la succession en représentation de leur parent bénéficient de l’abattement et du tarif applicable entre frères et sœurs. Toutefois, le mécanisme de la représentation ne peut pas être invoqué, lorsque le défunt laisse pour héritiers un ou des neveu(x) ou nièce(s) d’un unique frère ou sœur. Les neveux et nièces d’un unique frère ou sœur du défunt viennent à la succession de leur propre chef. Chacun bénéficie donc de l’abattement personnel prévu en faveur des neveux et nièces et du tarif applicable entre parents jusqu’au 4e degré : 55 %.

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2. Abattements

Différents abattements s’appliquent donc selon la date d’ouverture de la succession.

Bénéficiaires

Date d’ouverture de la succession

2011

2010

Abattements personnels

Conjoint

Sans objet (1)

Sans objet (1)

Partenaire pacsé

Sans objet (1)

Sans objet (1)

Enfant (2)

159 325 €

156 974 €

Ascendant

159 325 €

156 974 €

Frère ou soeur (2)

15 932 € (3) (4)

15 697 € (3) (4)

Neveu ou nièce

7 967 €

7 849 €

Abattement spécifique en faveur des handicapés

Toute personne

159 325 €

156 974 €

Abattement général

Autres personnes

1 594 €

1 570 €

(1) Exonération totale de droits de succession.

(2) Vivant ou représenté (par décès ou par renonciation).

(3) Sauf exonération totale des droits de succession, sous condition (4).

(4) Abattement spécifique ou exonération pour chaque frère ou sœur de plus de 50 ans ou infirme, célibataire, veuf ou divorcé, vivant sous le toit du défunt depuis plus de 5 ans.

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3. Tarif (ou barème)

Selon le lien de parenté existant entre le bénéficiaire et le défunt et l’année de la succession, les limites étant revalorisées chaque année.

    Pour les successions ouvertes à compter du 31.07.2011, le taux des deux dernières tranches du barème des droits de succession en ligne directe est relevé de 5 points. Il est porté de :

  • 35 à 40 % pour la fraction de la part nette taxable comprise entre 902 838 € et 1 805 677 €
  • 40 à 45 % pour la fraction nette taxable au-delà de 1 805 677 €

Barème au 31.07.2011

Tranches de part imposable

Taux

Entre ascendants et descendants (1)

Jusqu’à 8 072 €

5 %

Entre 8 072 et 12 109 €

10 %

Entre 12 109 et 15 932 €

15 %

Entre 15932 et 552 324 €

20 %

Entre 552 324 et 902 838 €

30 %

Entre 902 838 et 1 805 677 €

40 % (2)

Au-delà de 1 805 677 €

45 % (2)

Entre frères et sœurs (3)

Jusqu’à 24 430 €

35 %

Au-delà de 24 430 €

45 %

Entre autres personnes

Lien de parenté jusqu’au 4e degré

55 %

Autres

60 %

(1) Vivants ou représentés.

(2) Pour les successions ouvertes avant le 31.07.2011, les taux étaient respectivement de 35 et 40 %.

(3) Ou désormais les neveux et nièces venant en représentation de leurs parents.

Barème 2010

Tranches de part imposable

Taux

Entre ascendants et descendants (1)

Jusqu’à 7 953 €

5 %

Entre 7 953 et 11 930 €

10 %

Entre 11 930 et 15 697 €

15 %

Entre 15 697 et 544 173 €

20 %

Entre 544 173 et 889 514 €

30 %

Entre 889 514 et 1 779 029 €

35 %

Au-delà de 1 779 029 €

40 %

Entre frères et sœurs

Jusqu’à 24 069 €

35 %

Au-delà de 24 069 €

45 %

Entre autres personnes

Lien de parenté jusqu’au 4e degré

55 %

Autres

60 %

(1) Vivants ou représentés.

Exemple

Une personne décède le 15.02.2011, laissant pour seuls héritiers 2 fils sans enfant. L’actif net successoral s’élève à 350 000 €.

    Les droits de succession de chaque fils sont ainsi calculés :

  • Part imposable : (350 000 € / 2) 175 000 €.
  • Abattement spécifique par enfant : 159 325 €.
  • Part nette imposable (après abattements) : (175 000 € – 159 325 €) = 15 675 €.
  • Total des droits après application du barème : 1 342 € dus par chacun des héritiers.
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4. Réduction pour enfants

    Chaque héritier ou légataire bénéficie d’une réduction de droits par enfant, à partir du 3e :

  • égale à 610 € pour les successions entre ascendants ou descendants,
  • à 305 € pour les autres successions.
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5. "Non-rappel" des donations de plus de 10 ans

Le délai au-delà duquel les donations antérieures consenties par le défunt au même bénéficiaire ne sont pas prises en compte pour le calcul des droits de succession est porté à 10 ans à compter du 31.07.2011, contre 6 ans depuis 2006.

Afin d’atténuer l’effet rétroactif de cette mesure, un système de lissage est appliqué aux donations passées dans les 10 années précédant le 31.07.2011.. Un abattement partiel, de 10 % chaque année, est appliqué entre la 6e et la 10e année.

    Ainsi , l’abattement sur la valeur des biens donnés antérieurement est de :

  • 10 % si la donation est passée depuis plus de 6 ans et moins de 7 ans,
  • 20 % si la donation est passée depuis plus de 7 ans et moins de 8 ans,
  • 30 % si la donation est passée depuis plus de 8 ans et moins de 9 ans,
  • 40 % est appliqué si la donation est passée depuis plus de 9 ans et moins de 10 ans.
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6. Renonciation anticipée à l’action en réduction

Cette renonciation autorisée par le biais d’un pacte successoral n’est pas soumise aux droits de succession.

Cette disposition est conforme au droit civil, qui stipule que cette renonciation ne constitue pas une libéralité.

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7. Renonciation à succession

Un héritier a la possibilité de renoncer à une succession et de se faire représenter par ses descendants.

Les droits de succession dus par les descendants du renonçant sont désormais calculés comme s’ils avaient été les bénéficiaires directs de la succession au tarif applicable selon les liens de parenté avec le défunt.

En particulier, ils se partagent donc l’abattement personnel dont aurait dû bénéficier le renonçant.

Remarque

Auparavant, il fallait procéder à une double liquidation de l’impôt.

En effet, l’impôt à payer par celui qui acceptait à la place du renonçant ne pouvait être inférieur à celui qui aurait été dû par le renonçant s’il avait accepté la succession.

Remarque

Toutefois, lorsque la renonciation a un but exclusivement fiscal, la renonciation peut être remise en cause dans le cadre d’une procédure de répression des abus de droit.

Tel est le cas lorsque la renonciation est suivie d’une donation effectuée par le cohéritier du renonçant au profit des héritiers de celui-ci, afin que ceux-ci bénéficient d’un barème fiscal plus favorable, par exemple, du tarif applicable en ligne directe au lieu d’un tarif applicable entre parents plus éloignés.

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8. Libéralités graduelles et résiduelles

Au décès du testateur ou lors de la donation, le premier bénéficiaire (légataire ou donataire) est redevable des droits de succession ou de donation au tarif habituel. Le second bénéficiaire n’est redevable d’aucun droit.

Au décès du premier gratifié (légataire ou donataire), le second bénéficiaire est imposable aux droits de succession ou de donation d’après son degré de parenté avec le premier défunt. Les taux applicables et la valeur imposable sont évalués à la date du second décès. Mais les droits payés qui ont été acquittés par le premier gratifié sont imputés sur ceux dus par le second bénéficiaire.

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