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Les clubs d'investissement en 2001 : dynamisme et maturité


Bien qu'on en dénombre 18 000, les clubs d'investissement restent un moyen d'intervenir en Bourse encore méconnu. Ils existent en France depuis la fin des années 60 et rassemblent actuellement quelque 200 000 membres.

Clubs d'investissement : points clés
. Nombre de membres : entre 5 et 20
. Durée de vie : maximum 10 ans
. Versements : maximum 36 000 F / membre / an
. Fiscalité : consultez le guide Bourse

Assortis d'une fiscalité avantageuse (exonération des plus-values), les clubs ont connu un regain d'intérêt ces dernières années avec les grandes vagues de privatisation et surtout, récemment avec l'arrivée d'Internet comme outil privilégié des investisseurs en Bourse.

Il ressort de la dernière enquête nationale menée par la COB et la FFCI (Fédération française des clubs d'investissement) que :

  • les 3/4 des clubs existants ont été créés depuis 1997, plus du tiers durant la seule année 2000,
  • et 41 % des clubs utilisent un compte en ligne.

Les "auto-écoles" de la Bourse

Le but du club d'investissement est double. D'une part, il permet à ses membres de disposer d'une force financière plus importante pour investir et intervenir sur les marchés. Mais il est avant tout un outil d'initiation, de formation et de perfectionnement aux techniques boursières.

Le club d'investissement est généralement au départ une association entre amis pour investir en bourse. Qu'il s'agisse de retraités qui veulent apprendre, d'étudiants qui boursicotent, de toutes personnes intéressées par l'économie et la finance, les membres du club se réunissent régulièrement et partagent leurs informations et leurs analyses dans le but de gérer collectivement un portefeuille. Le principe de la décision collective doit être accepté de chacun des membres.

Outil d'initiation, le club d'investissement doit être accessible : dans la pratique, 88,4 % des clubs ont opté pour le principe d'une cotisation mensuelle uniforme, qui s'élève en moyenne à 392 F (60 euros).

Par le biais du club d'investissement, leurs membres semblent avoir trouvé un compromis entre :

  • un investissement massif (gros capital de départ) assorti des services d'un gestionnaire de portefeuille professionnel,
  • et le principe d'abonnement (par le biais de versements réguliers modérés) proposé par les banques depuis 3, 4 ans, accompagné de peu de conseil et souvent dirigé vers des produits maison (Sicav, FCP).

Internet : un outil qui gagne du terrain

Internet est devenue une source d'information privilégiée : 57 % des "clubistes" consultent le Net "souvent" ou "toujours". La presse écrite reste cependant la source d'information prépondérante (95 %). En revanche, les émissions TV ou radio, l'intermédiaire financier du club, les points Bourse, l'information financière des entreprises sont en grande majorité "parfois" ou "jamais" consultés.

Par ailleurs, Internet gagne aussi du terrain s'agissant du fonctionnement des clubs. Les courtiers en ligne, qui n'existaient pas lors de la précédente enquête de la FFCI en 1996, se classent au second rang des intermédiaires financiers les plus sollicités par les clubs d'investissement : 19 % des clubs font appel à eux. Cependant, les établissements de crédit représentent toujours le principal intermédiaire financier pour 73 % des clubs (recul de 12 points depuis 1996).

36 % des clubs passent le plus souvent leurs ordres en se rendant à leur agence bancaire mais ils sont désormais 34 % à privilégier Internet aux dépens du téléphone (15 %) et du Minitel (11 %).

Internet apparaît comme un nouveau moyen de transmission des ordres mais aussi comme une incitation à intervenir plus fréquemment sur les marchés financiers. En effet, 88 % des clubs estiment que l'usage d'un compte en ligne est à l'origine d'une multplication des interventions en bourse et 42 % considèrent que le web est à l'origine d'une augmentation du nombre de titres détenus dans leur portefeuille.

Sensible rajeunissement des clubistes

Peut-être faut-il y avoir l'effet Internet mais on assiste à un fort rajeunissement de la population des clubs d'investissement. 78 % des membres des clubs sont âgés d'au moins 35 ans, ils étaient 85 % en 1996. A l'inverse, les clubistes âgés de 18 à 34 ans ainsi que les moins de 18 ans sont représentés désormais à hauteur de 22 %, soit une progression de plus de 53 % entre 1996 et 2000.

Même si les clubs apparaissent généralement mixtes (78,8 %), ils sont majoritairement composés d'hommes (72,3 %). La catégorie socio-professionnelle la plus représentée demeure celle des retraités (31 %) devant celle des cadres supérieurs et cadres moyens. Un club compte en moyenne 13 membres.

Les actions, investissement privilégié

Les portefeuilles boursiers des clubs d'investissement se caractérisent par une forte culture actionnariale. En effet, ceux-ci laissent peu de place à la diversification puisqu'ils sont investis en actions à hauteur de 97,5 % dont 93 % d'actions négociées sur la place de Paris. Les autres types d'instruments financiers sont détenus de façon marginale :

  • OPCVM : 1,4 %
  • obligations : 0,1 %
  • warrants, bons de souscription : 1 %

95,1 % des clubs prétendent ne pas intervenir sur les instruments financiers à terme (Matif, Monep...).

Les valeurs de la nouvelle technologie (secteurs TMT : technologie, media, telecom) représentent 30,9 % du montant global des portefeuilles.

En moyenne, le portefeuille d'un club d'investissement comprend 10 lignes de valeurs et s'élève à environ 25 810 euros (169 000 francs).

Répartition des clubs en fonction
de la valeur de leur portefeuille
Moins de 15 000 F
11 %
15 000 F - 60 000 F
29 %
60 000 F - 150 000 F
29 %
150 000 F - 600 000 F
27 %
Plus de 600 000 F
3 %

 

Dynamisme et maturité

Le club d'investissement peut apparaître comme une forme associative trop sérieuse et peu rémunératrice pour celui qui veut effectuer des placements boursiers. Mais sa vertu pédagogique est aujourd'hui unanimement reconnue et les pouvoirs publics le considère comme un outil important de promotion de l'actionnariat individuel.

Les clubs s'affirment donc comme des lieux de passage impératifs des actionnaires privés. Une telle structure aurait pu éviter à certains débutants casse-cou les déboires rencontrés lors de leur premiers pas sur les marchés financiers facilités par les courtiers en ligne. Selon les conclusions de la FFCI, "l'intérêt pédagogique des clubs d'investissement a porté ses fruits et marque ainsi en l'an 2000 leur entrée dans une phase de maturité".

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