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Comme toutes vos opérations bancaires et vos placements,
vos différents prêts - qu'il s'agisse de prêts
personnels ou de prêts immobiliers - sont concernés
par l'instauration de la monnaie unique au 1er janvier 2002.
Que vous ayez emprunté il y a quelques années
pour acheter votre résidence principale ou que vous
soyez sur le point de changer de voiture, vous devez désormais
vous habituer à suivre vos contrats et faire
vos calculs en euros. Qui sait, peut-être serez-vous
tenté aussi d'aller étudier des offres de prêt
ailleurs en Europe.
Que deviennent
vos crédits avec l'euro ?
Depuis le 1er janvier 1999, date de la fixation définitive
de la parité de l'euro avec les monnaies nationales
concernées par le passage à la monnaie unique,
il est possible de souscrire un prêt libellé
en euros. Malheureusement les banques ont été
lentes à réagir. Même à six mois
de l'échéance, l'offre de prêt en euros
reste limitée et les établissements prêteurs
n'acceptent pas systématiquement de convertir en euros
les crédits existants en francs. Il est vrai que les
banques n'ont pas le droit de privilégier les éventuels
candidats à l'euro. Ces derniers ne tirent donc aucun
avantage financier en anticipant la conversion obligatoire.
Quoiqu'il en soit, tous les crédits en francs, non
encore remboursés au 1er janvier 2002, seront automatiquement
convertis en euros : les remboursements s'effectueront en
euros exclusivement, selon les modalités prévues
dans le nouvel échéancier remis à l'emprunteur.
Cette conversion automatique n'en est pas pour autant un
motif de révision du contrat. Il n'est donc pas possible,
ni pour vous ni pour votre banque, d'invoquer le passage l'euro
pour obtenir une modification des conditions de remboursements.
Par la suite, en faisant jouer la concurrence, il vous sera
toujours possible de tenter une renégociation de votre
crédit.
Emprunter en
Europe : de nouvelles opportunités ?
L'instauration de l'euro comme monnaie unique fait
disparaître le risque de taux de change et ouvre sans
aucun doute les horizons en matière de recherche de
crédit. Vous pourriez donc avoir facilement l'idée
d'emprunter auprès d'un établissement financier
situé hors de France.
Mais si l'on peut raisonnablement penser qu'en termes de
taux et de conditions de remboursement, les banques de la
zone euro seront pratiquement sur un pied d'égalité,
il n'en est rien sur le plan juridique. En effet, il y a autant
de lois sur le crédit qu'il y a de pays dans la zone
euro. Le problème de la loi applicable en cas de litige
se pose donc inévitablement. Qu'en est-il par exemple
d'un prêt immobilier conclu entre un emprunteur français
et un prêteur allemand, appliquera-t-on la loi française,
la loi allemande ou celle de la zone géographique où
est situé l'immeuble ? Selon la loi appliquée,
les conséquences peuvent être totalement opposées.
Il n'existe pas de véritable cohérence entre
les pays de l'espace européen. La réglementation
européenne encadre uniquement le crédit à
la consommation avec des dispositions minimales, chaque Etat
restant libre d'énoncer des règles spécifiques.
En matière de crédit immobilier, la Commission
européenne n'a pu aboutir qu'à un code de bonne
conduite qui normalise un peu les informations fournies au
moment de l'offre de prêt.
Ces dispositions européennes minimalistes n'apportent
pas d'avantages particuliers à des pays comme la France
ou la Belgique qui se sont dotés depuis plusieurs années
d'un arsenal de règles destinés à protéger
l'emprunteur.
Les questions
à se poser et à poser
La diversité des droits nationaux, la méconnaissance
de règles qui ne nous sont pas familières et
peut-être aussi la barrière de la langue sont
de nature à faire du crédit transfrontalier
un produit à risque. Pour certains spécialistes
du domaine, tant que ne seront pas réglées les
questions de compétence des tribunaux et du droit applicable
en cas de litige, "les crédits transfrontaliers
demeureront des produits dangereux".
Vous devez donc vous informer au même titre - si ce
n'est davantage - que vous le feriez pour analyser une offre
de crédit en France :
Identification du prêteur
et type de prêt envisagé
L'octroi de prêt par des intermédiaires indépendants
est plus répandu chez certains de nos voisins qu'en
France, il est donc important de bien identifier votre interlocuteur.
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Taux
annuel : 2 méthodes de calcul
.
Le TEG est égal au taux mensuel multiplié
par 12
. Le TAEG correspond à la capitalisation sur
12 mois du taux mensuel : [(1+t/100)12-1]x100
>>
Une banque française annonçant un taux
de 18 % équivaut à un taux mensuel
de 1,50 % selon la méthode de calcul proportionnelle.
Selon la méthode actuarielle, ce taux annuel.
correspondrait à un taux mensuel de 1,39 %
>> un taux mensuel de 1,39 % donne un taux actuariel
annuel de 18 % et un taux de 16,68 % selon la méthode
proportionnelle.
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Le taux d'intérêt
Sur la base d'une directive de 1990, les pays de la Communauté
européenne communiquent un taux annuel effectif global
(TAEG) exprimé en taux actuariel, à l'exception
de la France et de l'Allemagne encore partisans pour quelques
mois encore du taux effectif global (TEG) calculé lui
de façon proportionnelle. En pratique, même si
le taux mensuel est identique et si le total dû est
toujours le même, la différence provoque une
hausse mécanique du taux annuel (voir encadré).
Par ailleurs, tous les pays n'ont pas défini de façon
stricte comme la France ou la Belgique des seuils d'usure
destinés à plafonner les taux effectifs.
Enfin, dans le cas de prêt à taux variable,
l'indice de référence n'est pas systématiquement
un indice connu et public, comme c'est généralement
le cas en France.
Frais
La réglementation ultra-protectrice de la France inclut
tous les frais dans le taux effectif global (frais de dossier,
assurances, etc.), ce qui n'est pas le cas de pays comme l'Angleterre
qui ne prend pas en compte par exemple les primes d'assurance.
Ces disparités rendent donc difficile la comparaison
des taux entre les pays de la zone euro.
Délai de réflexion
et conditions d'annulation
Délai de réflexion, délai de rétrataction
ou de renonciation, les pratiques divergent selon les pays,
ne serait-ce que sur la durée de ce délai :
entre 5 et 15 jours chez nos principaux partenaires.
Par ailleurs, vous devez vous faire préciser les conditions
d'annulation lorsque le bien livré ne correspond pas
à ce qui était prévu ou encore, dans
le cadre d'un prêt immobilier, lorsque le crédit
n'est pas octroyé pour une raison ou une autre.
Modalités de remboursements
Toutes les formules proposées par nos voisins européens
n'ont pas la simplicité de compréhension du
prêt à taux fixe avec des mensualités
constantes pendant 10 ou 15 ans. Des formules de prêt
mixte se rencontrent par exemple en Angleterre ou en Italie
entraînant des renégociations de contrat.
Remboursement par anticipation
et difficulté de paiement
Il s'agit d'un des principaux points d'achoppement entre
banques et pouvoirs publics dans l'établissement de
règles communautaires, les dispositions
françaises en la matière étant
parmi les plus protectrices. Par exemple, en Allemagne, le
remboursement par anticipation est interdit sauf accord avec
la banque.
En revanche, même dans les pays les plus libéraux,
le risque d'endettement est une préoccupation. Certes,
certains pays ont mis en place des dispositifs d'aide aux
personnes surendettés, mais il est important de connaître
les règles applicables en matière de recouvrement
et les procédures judiciaires.
Pour vous aider dans vos recherches, chaque pays disposent
d'organisations de consommateurs et de revues consuméristes
susceptibles de vous aider.
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