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Les pièges du crédit facile


Selon les chiffres réguliers de l'Observatoire de l'endettement des ménages, un peu plus de la moitié des foyers français rembourse un crédit. 17,2 % des foyers ne détenaient que des crédits immobiliers, 12 %, des crédits immobiliers et des crédits de trésorerie et, 22,1 %, uniquement des crédits de trésorerie.

Même s'il semble s'être ralenti ces deux dernières années, le recours aux crédits à la consommation ou aux crédits permanents (ou crédits revolving) s'est intensifié à la fin des années 90. Ils permettent de faire face à une grosse dépense ou de satisfaire des envies de voyage, mais ils sont également utilisés, et c'est souvent le cas avec les découverts autorisés ou les crédits permanents, pour combler une baisse du pouvoir d'achat.

Tout au long de l'année, chaque changement de saison ou événement particulier est une nouvelle occasion pour être submergé d'offres qui vous aident "à passer le cap de la rentrée en douceur", "à organiser les fêtes de Noël joyeuses", "à offrir le plus beau des cadeaux pour la Saint-Valentin" ou encore "à changer d'automobile pour partir tranquillement en vacances et ne payer qu'à la rentrée". Réserve permanente, crédit renouvelable, réserve d'argent ou encore prêt personnel ou crédit affecté, le vocabulaire des établissements est riche lorsqu'il s'agit de qualifier les offres de crédit. Qu'elles émanent de votre banque ou d'un organisme de crédit ou même d'un lieu de vente, il est impératif de faire une lecture attentive des publicités et d'essayer de décrypter son message avant de succomber à la première proposition pour parer au plus pressé. D'autant que le discours des établissements de crédit s'est banalisé. Les arguments type "Obtenez une réponse immédiate", ou encore "recevez immédiatement un chèque de 1 500 €", tendent à laisser penser que tout le monde y a droit. En outre, ils répondent trop facilement à l'envie d'éviter trop de formalisme.

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Le crédit revolving : le produit magique...

Les offres en matière de crédit revolving sont généralement source de confusion. En vous octroyant au départ une somme d'argent qui paraît peu élevée, de l'ordre de 1 500 à 3 000 €, l'établissement de crédit met en fait à votre disposition une réserve d'argent dont vous allez pouvoir user en totalité ou partiellement, comme bon vous semble, dans la limite de ce plafond. Un produit magique qui s'accompagne de mensualités de remboursement légères qui permettent une reconstitution automatique de la réserve, laquelle est toujours réutilisable.

Mais le crédit revolving avance souvent à visage couvert. Ainsi, par exemple, derrière la possibilité offerte de payer en quatre, cinq ou six mensualités, sans faire de chèques préalables, se cache parfois un vrai crédit sous forme de réserve d'argent auprès d'un organisme de crédit partenaire du lieu de vente. De même, les cartes distribuées par la plupart des grandes enseignes de magasin permettant principalement de bénéficier de réduction en cas d'achat sont maintenant dans la plupart des cas des réelles cartes de crédit. Dès lors qu'un règlement ou un retrait est effectué, le crédit est ouvert, à moins de rembourser immédiatement ou en fin de mois.

Le revers de la médaille du remboursement en douceur

"Choisissez votre mensualité et remboursez en douceur", tel est souvent le principal atout présenté du crédit revolving. La médaille a tout de même son revers. Un remboursement relativement acceptable dans un budget mensuel finit par coûter cher sur le long terme. Les intérêts et les assurances peuvent en effet représenter jusqu'à 30 % de la mensualité de remboursement et, sauf à posséder de sérieuses connaissances en mathématiques financières, il est bien souvent difficile de calculer soi-même le coût réel du crédit permanent.

Pour être plus attractives, les offres de revolving affichent généralement des taux mensuels qu'il faut donc multiplier par douze. Une fois le calcul effectué, la pilule passe déjà moins bien. En outre, ces taux mensuels s'appliquent par tranche : plus vous empruntez, plus le taux baisse. Alors il convient de vérifier au préalable que le taux très avantageux annoncé dans les prospectus corresponde bien au niveau de dépense envisagé.

Les taux d'intérêt et d'assurances s'appliquent mois par mois sur le capital restant dû. Compte tenu des remboursements et des différentes ponctions que l'on peut opérer à loisir, les calculs deviennent vite ardus. D'autant que les établissements prêteurs ne fournissent généralement ni échéancier ni tableau d'amortissement, document habituellement joint à tout contrat de prêt classique. L'édition de tels documents à chaque nouvelle utilisation de la réserve d'argent, représentant un coût pour l'établissement financier, augmenterait la part des frais liés au contrat de prêt.

Une fois le prêt révolving mis en route, il convient de rester vigilant. Contrairement aux prêts amortissables classiques, le taux à la souscription n'est pas garanti. En effet, rien dans le contrat de prêt revolving ne garantit que le taux annoncé le jour de la souscription sera celui appliqué le jour l'utilisation effective de l'argent, surtout si celle-ci a lieu quelques mois plus tard. Sur ce point, l'information sur l'évolution des taux n'est pas toujours bien annoncée. En tout cas, pour que les hausses de taux soient indolores, les mensualités ne sont pas modifiées mais la durée du crédit augmentera.

Savoir maîtriser son revolving ou y mettre fin

FIN DE LA TACITE RECONDUCTION DU REVOLVING : PROPOSITION DE LOI

> Une proposition de loi en cours de discussion au Parlement vise à mieux encadrer le crédit "revolving". Elle prévoit de mettre fin à la tacite reconduction automatique du prêt en imposant à l'établissement de crédit l'envoi d'un formulaire, 3 mois avant la date échéance, informant l'emprunteur des conditions de reconduction du contrat (identité des parties, nature de l'opération, montant du crédit disponible, TEG, montant des échéances de remboursement).
En outre, lorsqu'une réserve n'aura pas été utilisée pendant au moins 3 années, l'établissement devrait être tenu d'envoyer une nouvelle offre à l'emprunteur comportant les mêmes informations essentielles. A défaut de réponse, le contrat est résilié de plein droit.

Par ailleurs, vous devez veiller à l'utilisation concrète de votre réserve. Bien souvent, le plafond peu important des sommes octroyées au départ est relevé sans forcément que vous en soyez mis au courant. Dès lors, vous avez l'impression de pouvoir toujours utiliser votre réserve indéfiniment. Mais les mensualités de remboursement augmentent, et la durée du prêt aussi...

A ce stade, il est encore possible prendre des dispositions lorsqu'on sent venir le dérapage. Les conditions générales des crédits revolving prévoient généralement la possibilité de dénoncer le contrat. Le solde restant dû est alors transformé en prêt à taux fixe, la réserve d'argent n'étant alors plus disponible.

 

Le prêt personnel classique

Les risques qui accompagnent le crédit revolving sont moins grands lorsqu'on souscrit un crédit à la consommation classique, appelé également prêt personnel. L'argent emprunté est versé une fois pour toutes sur le compte courant à la signature du contrat et le souscripteur connaît dès le départ les modalités de remboursement : mensualité, durée, taux d'intérêt, frais, etc.

Tout comme le crédit permanent, le prêt personnel permet de financer des projets, des dépenses imprévues ou des difficultés passagères de trésorerie. Hormis les modalités de fonctionnement, l'intérêt principal du prêt personnel est avant tout financier : les taux proposés sont en principe deux à trois fois moins chers que ceux consentis pour les revolving.

TAUX EFFECTIFS MOYENS CONSTATÉS AU 4e TRIMESTRE 2003


Prêts personnels d'un montant < 1 524 €
15,64 %

Prêts personnels d'un montant > 1 524 €
7,20 %

Découverts en compte et revolving
12,39 %

Le souscripteur doit cependant bien évaluer à l'avance le montant dont il a besoin. En effet, il est souvent difficile d'obtenir un prêt personnel inférieur à 1 500 €, le taux sera alors prohibitif, et la banque sera même davantage tentée de proposer dans ce cas un prêt permanent. De plus, l'octroi successif de petits prêts à chaque nouvelle emplette importante peut se révéler un mauvais calcul financier compte tenu des frais de dossier acquittés à chaque nouvelle demande.

Plus le montant du prêt est important, plus l'objet de l'achat est précis, plus la banque a des chances de se montrer "généreuse". Celle-ci proposera alors un prêt personnel affecté, généralement du montant de l'achat et, rassurée par l'utilisation de son argent, elle accordera généralement un taux attractif. Mais ici encore, attention aux packages type "prêt perso + ouverture d'une réserve d'argent" qui peuvent vous être proposés.

Epargner avant d'emprunter ?

Avant de recourir aux crédits, il est préférable d'utilisez au maximum lorsque cela vous est possible les options gratuites : les offres de paiement en deux, trois ou quatre fois sans frais, ou encore les offres de paiement différé qui permettent d'organiser son budget en conséquence ou de débloquer des fonds d'épargne à la date du paiement.

En outre, il ne faut pas hésiter dès que cela est possible à utiliser les livrets d'épargne liquide pour opérer ces achats. A l'heure actuelle, prélever 3 000 € sur un Codevi entraîne un manque à gagner sur l'année de l'ordre de 68 €, alors que le recours à un crédit à la consommation coûtera entre 80 et 200 € d'intérêts sur la même période.

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