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Selon une récente étude de l'INSEE, l'épargne salariale est
moins répandue que d'autres produits d'épargne longue : 22 %
des salariés, soit près de 3 millions de personnes, détiennent
de l'épargne placée en entreprise, alors que plus d'un tiers
d'entre eux déclarent posséder de l'assurance vie. Le montant
de l'épargne est généralement peu élevé : moins de 10 000
F pour 46 % d'entre eux.
Epargne salariale et salaire élevé vont souvent
de pair. Plus de 40 % des salariés du privé
gagnant au moins 12 000 F nets par mois possèdent ce
type de placement, contre moins de 20 % pour ceux rémunérés
en deçà de 8 000 F. Par ailleurs, l'étude de
l'Insee révèle aussi que le taux de détention est faible chez
les moins de 30 ans (14 %), contre 25 % en moyenne pour les
autres tranches d'âge. Ce constat s'explique en partie
par les conditions d'ancienneté souvent requises dans les
accords, et par la forte part des CDD dans cette population,
statut qui ne favorise pas une telle épargne.
Les chiffres
de l'INSEE au secours du Gouvernement
Ces chiffres de l'INSEE parus en janvier sont venus
mettre de l'eau au moulin du gouvernement qui jugeait les
dispositifs actuels d'épargne salariale (participation,
intéressement, plan d'épargne entreprise) inégalitaires, insuffisamment
efficaces et peu fédérateurs. Le gouvernement est à l'origine
d'une réforme adoptée en février par les députés (loi du 19.02.01,
JO du 20.02.01) qui a pour principal objectif, outre l'amélioration
des dispositifs existants, d'étendre à un plus grand nombre
d'entreprises, donc de salariés, la possibilité d'adhérer
à un projet d'épargne salariale.
Toilettage des
dispositifs existants
Le plan d'épargne entreprise (PEE) constitue la principale
formule d'épargne salariale. Son objet a été
réaffirmé par la nouvelle loi : il s'agit d'un
système d'épargne collectif permettant aux salariés d'une
entreprise de participer, avec l'aide de celle-ci, à la constitution
d'un portefeuille de valeurs mobilières.
Le plan d'épargne entreprise peut être alimenté par :
- les versements volontaires effectués par les salariés,
- les versements complémentaires - ou abondements - que
l'entreprise s'est engagée à effectuer,
- les sommes dégagées au titre de la participation,
- et les sommes versées au titre de l'intéressement.
Les versements complémentaires effectués par
l'entreprise varient selon les accords. Ainsi, l'abondement
peut-il être d'un montant fixe ou proportionnel aux
versements du salarié ou encore proportionnel aux résultats
de l'entreprise. En pratique, il ne peut pas dépasser
le triple de la contribution du salarié et au maximum
2 300 euros (15 087 F), ou 3 450 euros (22 631 F) dans le
cas d'achat de titres émis par la société
employant le salarié.
Quant aux versements du salarié, ils résultent
le plus souvent d'un prélèvement direct sur
le salaire. Le PEE peut prévoir un montant minimal
annuel de versement. La loi fixe en outre un montant maximal
des versements annuels égal au quart de la rémunération
annuelle du salarié.
Rappelons que les sommes versées sur le PEE sont consacrées
à l'achat de divers titres :
- actions de Sicav ou parts de FCP (notamment de FCPE),
- et valeurs mobilières émises par la société
2 freins à l'extension de l'épargne salariale
étaient souvent mis en avant lors de l'élaboration
du projet de loi :
- les conditions d'ancienneté souvent requises pour
adhérer à un plan
- et les possibilités de transfert d'un PEE lors
d'un changement de contrat de travail.
Sur le premier point, la nouvelle loi a réduit à
3 mois, au lieu de 6 mois, l'ancienneté maximale pouvant
être imposée pour bénéficier d'un
dispositif d'épargne salariale. Par ailleurs, des aménagements
ont été effectués pour les salariés
titulaires de CDD et les salariés intérimaires.
Sur le second point, les salariés ont désormais
la faculté de verser dans le plan de leur nouvel employeur
les sommes épargnées lors d'un précédent contrat de travail
dans le cadre également d'un PEE. Ce transfert entraîne alors
la clôture du plan précédent. Les conditions de transfert
doivent être précisées prochainement par
un décret mais cette possibilité constitue un
plus pour les salariés très mobiles. En outre,
il est important de noter que ce transfert n'est pas pris
en compte pour le calcul du plafond annuel de versement du
salarié, qu'il ne remet pas en cause la période
d'indisponibilité de 5 ans et qu'il ne doit pas donner
lieu à abondement de l'entreprise.
Toute réforme importante a son volet visant à
développer l'information des parties en présence.
La loi de février 2001 ne déroge pas à
la règle et crée en ce sens le livret d'épargne
salariale. Celui-ci sera remis au salarié lorsqu'il
quitte l'entreprise et contiendra au minimum un état
récapitulatif de l'ensemble des sommes épargnées
ou transférées au sein de l'entreprise dans
le cadre des dispositifs d'épargne salariale.
Concernant la participation et l'intéressement, la
loi de février 2001 contient essentiellement des mesures
techniques intéressant plus particulièrement
les PME. Celles-ci bénéficient d'incitations
fiscales pour qu'elles puissent mettre en place rapidement
de tels accords.
PPESV et PEI
: 2 nouveaux produits
Toujours dans le souci de développer une épargne
salariale pour tous, la loi de février 2001 crée
2 nouveaux outils d'épargne salariale :
- le plan d'épargne interentreprises (PEI),
- et le plan partenerial d'épargne salariale volontaire
(PPESV).
Les 2 outils se présentent avant tout comme des super
plans d'épargne entreprise. Sauf quelques spécificités,
ils suivent d'ailleurs le régime de celui-ci (modalités
de mise en oeuvre, régime fiscal et social, etc.).
Le plan d'épargne interentreprise (PEI) a été
institué afin d'encourager le développement
des plans d'épargne salariale dans les PME en leur
offrant la possibilité de mutualiser le coût
de la mise en place de ces plans. Le PEI est créé
à la suite d'un accord collectif conclu par des entreprises
d'une même branche professionnelle ou d'une même
zone géographique (département, région,
bassin d'emplois). Notez qu'un PEI peut se créer dans
le cadre particulier du PPESV (voir ci-dessous).
La principale spécificité du plan partenarial
d'épargne salariale volontaire (PPESV) est sa durée
: 10 ans, au lieu de 5 pour le PEE ou le PEI. Un PPESV ne
peut être mis en place que si les participants ont déjà
la possibilité d'opter pour un plan d'une durée
plus courte (PEE ou PEI). Contrairement au plan d'épargne
entreprise, l'employeur ne peut pas mettre en place un PPESV
sur décision unilatérale. Dans ce cadre particulier,
l'abondement maximal de l'entreprise a été relevé
et porté à 4 600 euros (30 174 F). Le régime
fiscal et social du PPESV est identique à celui du
PEE, excepté l'instauration d'une contribution sociale
patronale pour la fraction de l'abondement de l'entreprise
supérieure à 2 300 euros (15 087 F).
Des cas de déblocage anticipé liés à
la situation ou aux projets du salarié seront prochainement
déterminés par décret.
Enfin, l'accord qui établit le PPSEV doit disposer
que les sommes au terme du plan sont délivrées
en une seule fois. A la demande du salarié, la délivrance
peut être effectuée de manière fractionnée,
mais ceci ne sous-entend pas qu'il puisse y avoir une sortie
sous forme de rente.
Intérêt
croissant pour l'épargne salariale ?
Le mérite de cette nouvelle loi est d'avoir
remis l'épargne salariale sous les feux des projecteurs.
Même si elle reste encore facultative, la nouvelle loi
prévoit que, lorsque les salariés ne sont pas
couverts par un tel accord, l'employeur est tenu d'engager,
chaque année, une négociation sur un ou plusieurs
dispositifs prévus par les textes. Un moyen peut-être,
selon les auteurs et les promoteurs de la loi, pour en hâter
la généralisation.
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