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Depuis 18 mois, les gérants de portefeuilles
les plus expérimentés ne s'expliquent plus les exagérations
à la hausse comme à la baisse.
Il n'est donc pas étonnant qu'apparaissent de nouveaux types
de fonds de placement dont la caractéristique principale est
de s'apprécier indépendamment des mouvements des marchés financiers :
les fonds de gestion alternative, les bien nommés.
De quoi s'agit-il ?
Il est difficile de trouver une définition satisfaisante pour
cette forme de gestion car les opérations mises en jeu par
ses promoteurs sont non seulement complexes mais aussi très
diverses. Il est plus facile de la caractériser par ses objectifs :
- gagner régulièrement plus que le monétaire,
- "performer" indépendamment de l'évolution des
marchés financiers (amortir à la baisse et profiter de la
hausse en achetant et en vendant des actifs en parallèle),
- mesurer le risque de s'écarter de l'objectif et maîtriser
ce risque en permanence.
Une nouveauté ?
Développée depuis plus de 50 ans (on dit que le premier
Hedge Fund a été créé en 1949), essentiellement aux Etats-Unis,
la gestion alternative a obtenu des performances contrastées
par rapport aux ambitions affichées.
Business Week estime leur nombre à 4 000 pour un encours
total de 400 millions US$. Les plus connus ont été,
jusqu'à leur fermeture, Tiger Funds de Julian Robertson et
Quantum du fameux Georges Soros.
Il ne s'agit, donc, pas d'une innovation technique. La nouveauté
vient de la mise à disposition du grand public, des formes
les plus sophistiquées de cette gestion d'actifs qui étaient
réservées aux institutions, fonds de pension et aux très grandes
fortunes privées (la souscription minimum était de 1 million US$,
alors que l'on trouve, aujourd'hui, des premières souscriptions
à 100 000 US$ voire 10 000 US$).
Une plus large diffusion
Les obstacles qui existaient pour une large diffusion,
se lèvent :
- Les contraintes propres à ce type de gestion :
La nature des opérations effectuées dans ces fonds exige
une grande stabilité des encours gérés. En conséquences,
les rachats de parts sont-ils, souvent, assortis de préavis
variant de quelques jours à plusieurs semaines.
Les placements à long terme en Sicav sont en fort développement
grâce, notamment, aux contrats d'assurance-vie multisupports.
Aussi, les contraintes de durée et de rachat associées aux
fonds alternatifs sont devenus acceptables dans ce cadre.
- La réglementation des Sicav :
La réglementation de la COB protège l'épargnant peu averti
qui en reste à des notions simples : une classification
homogène et des règles de souscription/rachat uniformes.
Or, on a vu apparaître une offre sophistiquée de fonds à
garanties et de fonds "à promesses". L'Autorité de régulation
assouplit, peu à peu, sa position pour autoriser la commercialisation
de fonds inclassables dans les cas où existent un minimum
de transparence et de contrôle.
- La réputation des Hedge Funds (littéralement "fonds
de couverture", appellation américaine des fonds de gestion
alternative) :
Fonds en faillite dans des paradis fiscaux sans contrôle,
LTCM sauvé in extremis de sa déconfiture qui menaçait toute
l'économie mondiale, autant d'exemples qui ont refroidi
les promoteurs les plus téméraires. Un peu d'ordre et, surtout,
l'analyse et le suivi par des maisons spécialisées permettent,
de s'intéresser à ces fonds qui acceptent, aujourd'hui,
plus de transparence.
Des techniques
complexes
Par rapport à la gestion classique, les gérants ont
la faculté :
- de vendre à découvert des actifs
- de détenir des actifs autres que des valeurs mobilières
(par exemples : matières premières, dérivés climatiques).
A partir de ces nouveaux degrés de liberté et de moyens de
recherche intégrés considérables, les techniques de gestion
vont du plus simple (profiter des écarts de cours sur un actif
coté sur deux places différentes) au plus pointu comme :
- acheter telle action d'un secteur et vendre à découvert
une autre action du même secteur mais considérée comme moins
performante… en attendant que la première monte plus (ou
baisse moins) que la deuxième ;
- profiter des situations spéciales engendrées par des
Offres Publiques d'Echange complexes (comprenant des Certificats
de Valeur Garantie, des obligations convertibles, etc.)
;
- acheter l'obligation convertible et vendre l'action associée
(en dosant les proportions et en tenant compte des coupons
et dividendes).
Un objectif majeur : la maîtrise du risque
La gestion classique d'un fonds "subit" la volatilité
du marché financier de référence. Alors que la gestion alternative,
par construction décorrélée de la tendance des marchés, a
les moyens d'encadrer les risques acceptés, au moins en théorie.
La qualité primordiale de la gestion alternative est sa capacité
à résister aux baisses de marchés. Pour vous prouver leur
capacité à maîtriser le risque, ces fonds vous présenteront
une batterie de mesure sur leurs évolutions passées.
A NOTER : Le principal indicateur de risque est la fameuse
"volatilité" qui mesure l'ampleur des fluctuations de la performance
sur une période donnée. Pour vous repérer sur cette échelle
de risque, voici quelques mesures récentes de volatilité annuelle
moyenne selon les familles de Sicav (source Europerformance) :
- monétaire : 0,1 %
- obligations : 2,4 %
- obligations convertibles : 11 %
- actions françaises : 19 %
Précautions d'utilisation
- N'intervenir, bien sûr, que sur des fonds dont la commercialisation
est autorisée par la COB.
- Comme pour des fonds classiques, il vous faut, préalablement,
à tout investissement définir la durée minimale pendant
laquelle vous pourrez conserver votre Sicav : votre
horizon de placement.
- Beaucoup plus encore que pour des fonds classiques, il
est très important de lire attentivement la notice complète
des fonds de gestion alternative avant de faire votre choix
en fonction des performances et de la volatilité constatées
sur le passé (avec un historique le plus long possible).
- Comme d'habitude, diversifier vos actifs (gestions alternatives
et classiques) si possible en les répartissant entre fonds
décorrélés (c'est-à-dire : évoluant de façon indépendante
les uns des autres).
Si tout cela vous paraît fastidieux, compliqué et, en tout
cas, délicat, achetez un fonds qui a fait ce travail pour
vous (un fonds de fonds). Car il aura sélectionné les gérants
et investi dans une série de fonds alternatifs. Leur agencement
global est, ainsi, optimisé pour un degré de risque et un
horizon de placement qui vous convient.
ATTENTION : dans tous les cas, informez-vous précisément
sur les éventuels préavis de rachat voire les pénalités de
sortie avant un terme fixé.
IMPORTANT : la vague des fonds alternatifs atteint la France.
Ils sont l'antidote aux brutalités des marchés, mais, comme
pour tout médicament, si les symptômes subsistent, consultez
un Professionnel !
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