| Définition
de la location meublée |
| Il
n'existe pas de définition légale ou réglementaire
de la location meublée, ni de listes de meubles
ou d'équipements susceptibles de la caractériser.
Dans la pratique, c'est donc principalement l'inventaire
annexé au contrat de bail (lequel doit spécifier
au minimum qu'il porte sur une location meublée)
qui permet aux magistrats en cas de conflit de qualifier
comme telle la location meublée. Un logement meublé
de manière insuffisante peut être requalifié
en "location nue" et voir ainsi son bail soumis
à la loi de juillet 1989. |
La location meublée a quelque peu fait les frais de
la chasse aux niches fiscales ouverte en 2008 par le gouvernement.
Profitant d'un cadre réglementaire et fiscal plutôt
attractif, la location meublée s'est considérablement
développée ces dernières années,
notamment grâce à la multiplication des résidences
de services en tout genre (résidences étudiantes,
résidences pour personnes âgées, résidences
pour expatriés, etc.), des résidences de tourisme
mais aussi des locations saisonnières de plus en plus
proposées par les particuliers dans les villes bénéficiant
d'un fort attrait touristique. La loi de finances pour 2009
a profondément aménagé le régime
fiscal de la location des locaux meublés d'habitation,
notamment en durcissant l'accès au statut de loueur
en meublé professionnel.
Définition du loueur en meublé
professionnel
Jusquà limposition des revenus de 2008,
était considérée comme un loueur en meublé
professionnel la personne inscrite au registre du commerce
et des sociétés et remplissant au moins une
des deux conditions suivantes :
- réaliser plus de 23 000 € de recettes
locatives annuelles,
- ou retirer de cette activité au moins 50 % de son
revenu global.
| De la difficulté
de s'inscrire au RCS... |
| L'administration
fiscale a tenu à préciser qu'il y a lieu
de reconnaître la qualité de loueur en meublé
professionnels aux personnes qui se trouveraient ne pas
être inscrites au registre du commerce et des sociétés
du fait d'un refus du greffe motivé par le caractère
non commercial de l'activité. La preuve de ce refus
devra être apportée par le contribuable qui
présentera à cet effet une copie de la décision
du greffe. |
À compter de limposition des revenus de 2009,
lactivité de location de logements meublés
est considérée comme exercée à
titre professionnel lorsque 3 conditions sont réunies
:
- un membre du foyer fiscal au moins est inscrit au registre
du commerce et des sociétés en qualité
de loueur professionnel,
- les recettes annuelles retirées de cette activité
par lensemble des membres du foyer fiscal excèdent
23 000 € (hors produits financiers ou éventuelles
subventions perçues pour l'acquisition du bien immobilier),
- ces mêmes recettes excèdent les autres revenus
professionnels du foyer fiscal soumis à limpôt
sur le revenu dans les autres catégories de revenus
(traitements et salaires, BIC autres que ceux tirés
de lactivité de location meublée, bénéfices
agricoles, BNC, revenus des gérants et associés
soumis à l'article 62).
Mesure transitoire
Afin d'assurer un passage progressif entre les anciennes
et les nouvelles règles de détermination du
caractère professionnel de la location meublée,
la loi a instauré un mécanisme transitoire pour
l'appréciation de la prépondérance des
recettes de location par rapport aux autres revenus. Ce mécanisme
prend la forme d'une surpondération des recettes portant
sur des locations ayant commencé avant le 1er janvier
2009 ou acquis ou réservé avant le 1er janvier
2009 (VEFA ou travaux de rénovation). La surpondération
des recettes s'effectue en les multipliant par un coefficient
égal à 5, diminué de deux cinquièmes
par année écoulée depuis le début
de la location, dans la limite de 10 années.
| Mesure transitoire
: exemple |
|
Monsieur T exerce une activité de location meublée
depuis le 14.02.2005. Il a réalisé au
cours de l'année 2009 un montant de recettes
de 25 200 € (2 100 € par mois) :
- au 01.01.2009, le nombre d'années écoulées
(périodes de 12 mois) depuis le début
de la location est de 3. Les recettes à retenir
pour la période du 01.01.09 au 01.03.009 s'élèvent
donc à (2100x2)x(5-3x2/5), soit 15 960 €;
- à compter du 01.03.09, le nombre d'années
écoulées depuis le début de la
location est de 4. Les recettes à retenir pour
la période du 01.03.09 au 31.12.09 s'élèvent
donc à (2100x10)x(5-4x2/5), soit 71 400 €;
- ainsi, au titre de 2009, pour l'appréciation
du montant minimal de recettes, il conviendra de retenir
un montant s'élevant à 15 960 + 71 400,
soit 87 360 €.
|
Imposition des revenus et imputation
des déficits
Sauf cas particulier, la location en meublé exercée
à titre habituel constitue une activité commerciale,
quel que soit le statut du loueur, professionnel ou non. Par
conséquent, les recettes générées
par cette activité sont imposables à l'impôt
sur le revenu dans la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux.
Selon le montant des loyers perçus au cours de l'année,
le loueur peut choisir entre les différents régimes
BIC : micro, régime réel ou réel simplifié)
le plus avantageux fiscalement.
Pour bénéficier du régime simplifié
micro-BIC :
- le seuil des recettes annuelles ne doit pas excéder
32 000 € pour l'imposition des revenus de 2009 (contre
76 300 € pour l'imposition des revenus de 2008),
- et l'abattement forfaitaire représentatif de l'ensemble
des frais est désormais de 50 % (contre 71 % pour
l'imposition des revenus de 2008).
Imputation des déficits : règle pour le
loueur non professionnel
Jusquà limposition des revenus de 2008,
le déficit subi par un loueur en meublé non
professionnel était imputable sur déventuels
bénéfices retirés de lensemble
de ses activités BIC non professionnelles, réalisés
:
- au cours de la même année,
- et des 6 années suivantes.
À compter de limposition des revenus de 2009,
ce même déficit est imputable sur les seuls bénéfices
de même nature (autrement dit, des bénéfices
générés par une activité de location
meublée exercée à titre non professionnel)
réalisés :
Les déficits retirés de lactivité
de location meublée exercée à titre professionnel
restent imputables sur le revenu global sans limitation de
montant.
Imposition des plus-values
Les plus-values de cession réalisées par les
loueurs non professionnels à l'issue de la vente d'un
bien locatif sont imposables selon le régime des plus-values
des particuliers. Elles ne relèvent donc pas du régime
des plus-values professionnelles. S'agissant des loueurs en
meublé professionnels, la loi de finances pour 2009
leur autorise désormais le régime dexonération
des plus-values des petites entreprises prestataires de services
(régime exigeant une activité d'au moins 5 ans
et un niveau de recettes inférieur à 90 000
€ pour une exonération partielle ou 126 000 €
pour une exonération totale).
| Rappel : réduction
d'impôt pour les locations meublées non professionnelles |
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La loi de finances pour 2009 a instauré une
réduction d'impôt sur le revenu au titre
de l'acquisition de certains logements locatifs meublés
au profit des seuls loueurs non professionnels. Le logement
doit être neuf (ou en l'état futur d'achèvement)
ou achevé depuis au moins 15 ans et être
situé dans un établissement d'accueil
de personnes âgées ou handicapées,
un établissement de soins, une résidence
de services pour étudiants ou une résidence
de tourisme classée. Le logement doit être
loué pendant au moins 9 ans. La réduction
d'impôt est égale à 5 % du prix
de revient du logement (diminué de 15 %) dans
une limite annuelle de 25 000 €. Cette réduction
d'IR est soumise au plafonnement global des niches fiscales.
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