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Le PEA fête ses huit ans


Les premiers titulaires de plans d'épargne en actions (PEA) voient leur plan arriver à échéance. Créés en septembre 1992, les plans d'épargne en actions connaissent un succès grandissant. Réconciliant les Français avec la Bourse, le PEA apparaît, en effet, aux particuliers comme un moyen simplifié d'accéder à ce marché. Autre atout qui explique en grande partie son engouement : il offre aux épargnants un régime fiscal particulièrement favorable. Souscrit pour une période de huit ans, dans la limite de 600 000 francs, le plan d'épargne en actions permet aux particuliers de constituer, de gérer et de revendre un portefeuille d'actions françaises sans être imposés sur les plus-values (à l'exception des prélèvements sociaux) si les retraits ne sont pas effectués dans les cinq premières années, et ce quel que soit le montant des cessions.

Huit ans après son lancement, le PEA séduit de plus en plus d'épargnants. En huit ans, l'encours des capitaux placés sur ce produit a atteint 102,8 milliards d'euros (soit 674,32 milliards de francs) à la fin du mois de juin ; une hausse de 54 % sur un an. Les épargnants ont profité du formidable dynamisme de la Bourse. Le marché parisien a réalisé un parcours impressionnant. L'indice CAC 40 a été multiplié par près de quatre depuis le 15 septembre 1992.

Le nombre de PEA frôle désormais les 6 millions. Les statistiques montrent que le nombre de titulaires a crû à un rythme supérieur à 100 000 ouvertures de plan par mois tout au long de l'année 1999. Et sur le premier trimestre 2000, le rythme a été deux fois plus élevé : 616 500 plans ont été ouverts.

Le profil des épargnants : moins riches et recherchant plus la sécurité

Selon une étude de la Sofres pour la Banque de France, le PEA s'adresse à des épargnants moins fortunés que les détenteurs de portefeuilles classiques. Fin mars, la valeur moyenne d'un plan s'élevait à 17 270 euros (113 284 francs). A composition comparable, celle d'un compte-titres s'élevait en moyenne à 26 600 euros.

Autre tendance : les placements collectifs sont largement privilégiés dans le PEA, par rapport aux actions détenues en direct. Les Sicav et les FCP ont vu leurs encours progresser au sein des PEA de 25 % alors que ceux des actions n'ont progressé que de 23 %. La structure des PEA est ainsi composée à 55 % de Sicav et de FCP, contre seulement 45 % pour les titres détenus en direct. La composition du portefeuille dépend également du type d'établissement dans lequel est souscrit le PEA. Dans les banques d'affaires ou les sociétés de Bourse, le plan est composé en actions à plus de 70 %. Dans les grandes banques comme la Société Générale, la BNP, le Crédit Lyonnais, ce taux baisse à 47 %, et il n'est plus que de 38 % dans les autres établissements.

Les premiers souscripteurs peuvent désormais effectuer des retraits partiels sans pour autant clore leur PEA. Il peuvent aussi choisir de sortir en rente viagère exonérée d'impôt. Reste à savoir s'ils useront massivement de cette possibilité. Leur attitude n'est pas neutre sur l'évolution des encours du PEA. En effet, les souscripteurs de la première heure détiennent actuellement près d'un quart des actifs de l'ensemble des PEA.

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