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Vente d'un bien immobilier : les certificats obligatoires


Par principe, la loi impose au vendeur d'un logement à garantir le bien qu'il met en vente. Mais différents textes ont également institué ces dernières années des obligations particulières à sa charge visant à protéger les intérêts ou la santé de l'acquéreur.

Qu'il s'agisse de la superficie exacte de l'appartement, ou des diagnostics liés à des impératifs de santé publique, le vendeur a obligation de délivrer certains certificats pour l'établissement de l'acte de vente. Dans certains cas, l'absence de certificat peut même autoriser l'acquéreur à faire annuler la vente ou tout du moins à demander une remise sur le prix.

Loi Carrez : la juste mesure de l'appartement

La loi du 18.12.96 (dite loi Carrez) s'applique aux ventes de lots de copropriété (autrement dit, aux ventes d'appartement) ; elle ne concerne donc pas les ventes de maisons individuelles et les ventes sur plan. Elle impose d'indiquer dans les promesse et contrat de vente la superficie exacte du lot de copropriété dont disposera l'acquéreur. A défaut, celui-ci peut intenter, dans un délai d'un mois, une action en nullité de l'acte de vente.

La superficie "loi Carrez" comprend les planchers clos et couverts et exclut :

  • les balcons et terrasses non couverts,
  • les surfaces occupées par les murs, cloisons, marches et cages d'escalier, gaines et embrasures de portes et fenêtres,
  • les dépendances (caves, garages, etc.),
  • ainsi que les planchers des parties du local dont la hauteur est inférieure à 1,80 m.

Pour opérer ce mesurage, la réglementation n'impose pas de recourir à un expert (géomètre-expert, architecte...). Mais le métrage exécuté soi-même requiert un soin particulier. En effet, après la vente, si l'acquéreur procède à un nouveau mesurage et constate une erreur de plus de 5 %, il peut, dans un délai de 1 an à compter de la signature de l'acte de vente, demander une diminution du prix d'achat en proportion. Le recours à un professionnel est donc recommandé.

Les informations liées à des impératifs de santé publique

La volonté de supprimer les logements insalubres ou dangereux et celle aussi de rendre les vendeurs de biens immobiliers plus responsables ont amené les pouvoirs publics à prendre des dispositions afin de rendre obligatoire, lors de transactions immobilières, la délivrance de certificats techniques dans deux domaines :

  • la détection de la présence d'amiante,
  • le risque d'exposition au plomb et la lutte contre le saturnisme.

Diagnostic amiante

La France interdit tout usage de l'amiante depuis 1997. Pour les transactions immobilières, la recherche d'amiante concerne tous les immeubles (immeuble collectif ou maison individuelle) construits avant le 01.07.97. Elle vise principalement les dalles de sols, les faux plafonds et les revêtements muraux susceptibles de contenir des matériaux utilisés pour l'isolation thermique, phonique et antifeu.

En fournissant ce diagnostic, le vendeur est tenu uniquement à une obligation d'information. Si l'inspection conclut à la présence de matériaux fortement dégradés nécessitant leur remplacement, le propriétaire du bien dispose tout de même d'un délai de 3 ans pour effectuer les travaux. Une clause du contrat de vente peut donc prévoir qui du vendeur ou de l'acquéreur prendra en charge les travaux. À défaut d'être exécutés avant la vente, les travaux feront donc logiquement partie de la négociation entre le vendeur et le candidat à l'acquisition.

Si le certificat n'a pas été délivré au moment de la vente, l'acquéreur, une fois devenu propriétaire, a toute liberté pour faire établir un diagnostic. Si celui-ci se révèle positif, il est en droit de se retourner contre le vendeur et demander la prise en charge des travaux qui s'avéreraient nécessaires, sans que celui-ci ne puisse invoquer la garantie contre les vices cachés.

Diagnostic plomb : lutte contre le saturnisme

Diagnostic positif au plomb

Lorsque le diagnostic révèle une teneur en plomb supérieure à des seuils définis par l'arrêté du 12.07.99, une injonction de réaliser des travaux est notifiée au propriétaire. Sauf cas de contestation, ces travaux doivent être exécutés normalement dans un délai d'un mois.

L'obligation de fournir un état, de moins d'un an, du risque d'exposition au plomb concerne tous les immeubles construits avant le 01.01.1949, quelle que soit leur zone géographique d'implantation.

L'inobservation de cette obligation entraîne une sanction pénale (1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende) et une sanction civile qui place de fait le vendeur dans l'obligation de prendre à sa charge les travaux qui s'avéreraient nécessaires, même si ceux-ci sont diagnostiqués par l'acquéreur.

À défaut d'être exécutés avec la vente, les travaux et leur coût font là aussi partie de la négociation entre vendeur et acheteur.

Les informations liées à l'état de l'immeuble

Quatre certificats liés à l'état de l'immeuble doivent être délivrés le cas échéant à l'acquéreur d'un bien immobilier.

Certificat de performance énergétique

Ce certificat, purement informatif, a pour objet de donner une idée du montant prévisible des dépenses liées aux consommations d'énergie. Il comprend notamment les caractéristiques du bâtiment et un descriptif de ses équipements de production d'eau chaude sanitaire, de refroidissement et de ventilation ainsi que des conditions d'utilisation. Le diagnostic est également accompagné de recommandations destinées à améliorer la performance énergétique du bien en question.

Ce diagnostic a une durée de validité de 10 ans.

Prévention des risques naturels, technologiques ou sismiques

Obligations incombant
au vendeur d'un terrain nu

Seul l'état des risques naturels, technologiques ou sismiques doit être fourni. En outre, l'acquéreur doit informer son vendeur si le terrain se situe sur le tréfonds duquel une mine a été exploitée.

Dans certaines zones du territoire national, le vendeur a pour obligation, quel que soit la nature du logement vendu, de fournir un état des risques naturels (ex : inondations), technologiques (proximité d'usines) ou sismiques.

L'état doit avoir moins de 6 mois au moment de la signature de la promesse de vente ou de l'acte de vente proprement dit.

Il convient de se renseigner en préfecture pour connaître :

  • les zones couvertes par un plan de prévention des risques technologiques,
  • les zones couvertes par un plan de prévention des risques naturels,
  • et les zones de sismicité.

En outre, que l'immeuble soit dans une zone couverte par un plan de prévention ou non, le vendeur doit également informer par écrit l'acquéreur des sinistres subis par le bien dont il a connaissance et qui ont donné lieu à une indemnisation au titre d'une catastrophe naturelle ou technologique depuis 1982.

À défaut d'état des risques et d'absence d'information sur les sinistres antécédants, l'acquéreur peut engager une action pour annuler la vente ou demander une diminution du prix.

Lutte contre les termites et les insectes xylophages

La remise d'un état parasitaire est obligatoire dès lors que l'immeuble est situé dans une zone contaminée ou susceptible de l'être par les termites. Ces zones sont délimitées par arrêté préfectoral. Le diagnostic doit avoir moins de 3 mois. Comme pour les autres certificats, après un diagnostic positif établi après la vente, l'acquéreur peut se retourner contre son vendeur et demander de prendre en charge les travaux qui s'avéreraient nécessaires sans que ce dernier ne puisse s'y soustraire.

Si l'immeuble n'est pas situé dans une zone à risques, le vendeur est tout de même tenu d'informer son acquéreur, s'il en a connaissance, de la présence de termites, sous peine d'amende.

Diagnostic gaz

Diagnostic électricité

Un état des installations d'électricité similaire au diagnostic gaz devra également être établi. Les textes d'application ne sont pas encore parus.

À compter du 01.11.2007, le vendeur d'un bien comportant une installation intérieure de gaz réalisée depuis plus de 15 ans doit fournir un état de cette installation. Celui-ci devra avoir été effectué moins de 3 ans avant la date de la promesse de vente ou de l'acte de vente.

Le document décrit notamment les appareils fixes de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire, l'état des tuyaux fixes d'alimentation en gaz et l'aménagement des locaux où fonctionnent les appareils au gaz.

Le dossier de diagnostic technique : un document récapitulatif

À savoir

En l'absence de clause particulière prévue dans l'acte de vente, le coût de ces certificats obligatoires est à la charge du vendeur. Il peut venir minorer le prix de cession du bien pour le calcul de la plus-value imposable.

Un seul dossier, appelé "dossier de diagnostic technique", est désormais annexé à la promesse de vente ou à défaut à l'acte de vente. Ce dossier récapitulatif comprend l'ensemble des diagnostics devant être fournis à l'acquéreur. Il est établi par l'expert en charge de les effectuer.

Quel que soit le diagnostic à établir, celui-ci doit être réalisé par un professionnel qualifié. À compter du 01.11.2007, les diagnostics devront obligatoirement être opérés par des entreprises certifiées ou agréées ayant souscrit une assurance professionnelle.

Sur les tarifs, voir tableau de synthèse ci-dessous.

Les aides financières pour réaliser les travaux

L'agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH) est susceptible de verser des aides financières, notamment pour l'exécution des travaux liés à l'amiante, aux parasites ou au plomb. Ces aides sont octroyées sous conditions de ressources mais, celles-ci étant soumises à un engagement d'habiter le logement pendant 9 ans, il est peu opportun de les demander lorsqu'on a l'intention de le céder.

Obligations d'information du vendeur : synthèse
Certificat Immeuble concerné Durée de validité Risque encouru en cas d'absence de diagnostic Tarif indicatif*
Métrage
Métrage
(loi Carrez)
Immeuble collectif (lots de copropriété d'une surface > 8 m2) Définitif (sauf modification de surface) Sanctions civiles : annulation de la vente ou réduction du prix de vente. 80 €
Santé publique
Amiante Tout Immeuble construit avant le 01.07.97 Définitif si absence d'amiante Sanction civile : prise en charge des travaux par le vendeur. 90 €
Plomb Tout immeuble construit avant 1949 situé dans une zone à risque 1 an.
Définitif si absence totale de plomb

Sanction pénale : emprisonnement et amende.
Sanction civile : prise en charge des travaux par le vendeur.

130 €
État de l'immeuble
Performance énergétique Tout Immeuble 10 ans Néant. 130 €
Risques naturels/ technologiques Tout Immeuble 6 mois Sanctions civiles : annulation de la vente ou réduction du prix de vente. 70 €
Termites

Tout immeuble situé dans une zone contaminée

3 mois

Amendes.
Sanction civile : prise en charge des travaux par le vendeur.

80 €
Gaz Tout immeuble disposant du gaz 1 an Sanction civile : prise en charge des travaux par le vendeur. -
(*) Tarif purement indicatif pour un appartement de 50 m2 basé sur les prix couramment affichés par les entreprises.

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