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En tant que salarié, vous serez peut-être amené à investir
dans l'entreprise qui vous emploie à travers de l'épargne
salariale.
Cette notion recouvre plusieurs formules. Ces formules sont
exclusivement réservées aux salariés et leur l'objectif principal
est de permettre à ces derniers de se sentir plus impliqués
dans leur travail.
En ce domaine, les nombreuses mesures prises par le législateur
au cours de ces 40 dernières années, ont engendré, non seulement
de nouvelles formules d'épargne, mais également de nouvelles
obligations et possibilités pour les employeurs.
Plusieurs formules
coexistent
En simplifiant, on peut classer les principales formules de
participation et d'épargne dans l'entreprise en deux grandes
catégories, selon ce qui paraît avoir été leur objet essentiel,
à savoir :
- favoriser la participation des salariés aux résultats
de leur entreprise : intéressement facultatif, participation
obligatoire, options d'achat ou de souscription d'actions
(mieux connues sous la dénomination "stock-options") ;
- favoriser l'épargne et l'actionnariat, populaire ou non,
à l'occasion des relations de travail : PEE - plan d'épargne
d'entreprise, PEI - plan d'épargne interentreprises,
PERCO - plan d'épargne retraite collectif.
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L'intéressement
facultatif
Formule très libre, l'intéressement facultatif peut se pratiquer
dans toute entreprise (quels que soient sa forme juridique,
son domaine d'activité et le nombre de salariés qu'elle emploie).
Il obéit cependant à un certain nombre de règles que vous
devez connaître.
Pour donner droit à avantages sociaux et fiscaux, les accords
conclus ou renouvelés depuis le 01.10.94 doivent "instituer
un intéressement collectif des salariés présentant un caractère
aléatoire et résultant d'une formule de calcul liée aux résultats
ou aux performances de l'entreprise" :
- tous les salariés de l'entreprise doivent bénéficier
de l'intéressement, étant entendu qu'une durée minimale
d'ancienneté peut être exigée (sans pouvoir excéder 3 mois),
- l'accord collectif entre employeur et personnel est conclu
pour une durée de 3 ans,
- cet accord a pour objet de permettre au personnel, en
fonction de la réalisation d'objectifs (résultats ou performances),
d'obtenir un complément de rémunération qui échappe au régime
juridique des salaires,
- les sommes - ou primes - accordées au titre de l'intéressement
ne doivent donc en aucun cas remplacer le salaire,
- la date et la périodicité des versements sont fixées
librement,
- la répartition de l'intéressement peut être égalitaire
entre les salariés, ou être proportionnelle aux salaires
ou à la durée de présence, ou encore combiner ces deux critères,
- le montant global des primes ne doit pas excéder 20 %
du total des salaires bruts versés aux intéressés,
- enfin, le montant des primes distribuées à un même salarié
ne peut pas, au titre d'un même exercice, excéder 50 % du
plafond annuel de la Sécurité sociale.
Sachez que les sommes attribuées au titre de l'intéressement
sont exonérées de cotisations sociales. L'entreprise bénéficie
de cet avantage (exonération de cotisations patronales), mais
vous aussi en tant que salarié (exonération de cotisations
salariales).
Sur le plan fiscal :
- pour l'entreprise, les sommes versées sont déductibles
de l'assiette de l'impôt sur les bénéfices et exonérées
de la taxe sur les salaires,
- en ce qui vous concerne, les sommes que vous percevez
sont imposables au titre des traitements et salaires (elles
sont cependant exonérées, dans une certaine limite, si vous
les reversez sur un PEE, ou un PEI).
REMARQUE : Un projet de loi en faveur des revenus
du travail, présenté en juin, prévoit l'instauration d'un crédit
d'impôt en faveur des entreprises
qui négocieront un accord d'intéressement alors qu'elles
n'en avaient pas encore ou qui, par un nouvel accord, verseront plus
à leurs salariés que précédemment. Ce
crédit d'impôt serait égal à 20 %
des primes d'intéressement ou du surplus distribué et
ce, pendant pendant les 3 ans de l'accord. Les entreprises concernées
auraient également la possibilité de verser à
l'ensemble de leurs salariés une prime exceptionnelle d'un
montant maximal de 1 500 € par salarié, exonérée
de cotisations sociales.
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La participation
obligatoire
La participation consiste à faire participer l'ensemble des
salariés aux bénéfices de l'entreprise. Sachez qu'elle est
:
- obligatoire, sauf dérogation, dans toute entreprise employant
habituellement au moins 50 salariés et réalisant un bénéfice
net supérieur à 5 % du montant de ses capitaux propres,
- facultative, pour les autres entreprises.
La participation donne lieu à un accord collectif, à durée
déterminée ou non. La loi oblige l'entreprise à constituer
chaque année une "réserve spéciale de participation" dont
le montant est réparti entre les salariés selon des modalités
et des délais déterminés.
Voici les règles à connaître :
- tous les salariés de l'entreprise doivent en bénéficier,
étant entendu qu'une durée minimale d'ancienneté peut être
exigée (sans pouvoir excéder 3 mois),
- la répartition est soit proportionnelle au salaire que
vous percevez (dans la limite de 4 fois le plafond annuel
de la Sécurité sociale), soit pour partie proportionnelle
au salaire et pour partie fonction de la durée de votre
présence dans l'entreprise,
- la part que vous pouvez recevoir pour chaque exercice
est plafonnée aux 3/4 du plafond annuel de la Sécurité sociale,
- les sommes distribuées sont bloquées pendant une période
normalement fixée à 5 ans, sauf déblocage anticipé autorisé
dans certaines circonstances (mariage, naissance ou adoption
d'un enfant à partir du 3e, divorce dès lors que vous conservez
la garde d'un enfant, décès ou invalidité vous atteignant
vous-même ou votre conjoint, retraite, démission, licenciement,
acquisition ou agrandissement de votre résidence principale,
surendettement, notamment).
Sur le plan social, les sommes attribuées au titre de la
participation sont exonérées de cotisations sociales. Vous
ne paierez donc pas de cotisations salariales à ce titre (réciproquement,
votre entreprise ne paiera pas de cotisations patronales).
Sur le plan fiscal :
- pour l'entreprise, les sommes versées sont déductibles
de l'assiette de l'impôt sur les bénéfices et exonérées
de la taxe sur les salaires,
- en ce qui vous concerne, les sommes qui vous sont attribuées
sont exonérées d'impôt sur le revenu à condition que vous
respectiez délai d'indisponibilité ou s'il s'agit d'un cas
de déblocage anticipé autorisé ; il en va de même des revenus
de la participation, dans les mêmes conditions et sous réserve
que vous les réemployiez de la même manière.
REMARQUE : un projet de loi en faveur des revenus du
travail, présenté en juin, prévoit que les droits à
participation d'un salarié pourraient être débloqués
avant expiration de la période d'indisponibilité de 5 ans
normalement, sur simple demande, dans un délai fixé par
décret : sauf affectation à un plan d'épargne
salarial ou à un compte spécial de l'entreprise consacré
à ses investissements, les sommes perçues seraient imposables
à l'impôt sur le revenu.
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Les stock-options
Cette formule porte exclusivement sur les actions de l'entreprise
dans laquelle vous travaillez. Seules peuvent consentir des
options de souscription ou d'achat d'actions les sociétés
anonymes et en commandite par actions, que leurs titres soient
cotés ou non :
- l'opération doit être autorisée par l'assemblée générale
extraordinaire,
- les options sur actions peuvent bénéficier à l'ensemble
des salariés de l'entreprise ou à une seule catégorie (les
cadres, par exemple), sauf ceux détenant plus de 10 % du
capital,
- le salarié se voit reconnaître le droit (mais non l'obligation,
de participer à une augmentation de capital ("option de
souscription") ou d'acheter des actions ("option d'achat"),
- le paiement du prix d'acquisition des actions, normalement
fixé lors de l'offre d'option, s'effectue lors de la levée
de l'option,
- les actions doivent être conservées par le salarié pendant
une période de 5 ans au moins pour les options attribuées
avant le 27.04.2001, et 4 ans au moins pour les options
attribuées à compter du 27.04.2000. Il existe
toutefois des événements qui entraînent
la levée de l'indisponibilité (licenciement
ou mise à la retraite par exemple).
Quelques notions utiles en pratique si des stock-options
vous sont attribuées. On appelle :
- "rabais", la différence entre le prix effectif de l'action
au jour de l'offre d'option et le prix de l'option,
- "plus-value d'acquisition" (ou encore "avantage"), la
différence entre le prix effectif de l'action au jour de
la levée de l'option et le prix de l'option,
- "plus-value de cession", la différence entre le prix
de revente de l'action et son prix au moment de la levée
de l'option.
Et quelques principes :
- la fraction du rabais excédant 5 % dès la levée de l'option
(10 % pour les options attribuées avant le 01.07.93) est
soumise aux cotisations sociales (ainsi qu'aux prélèvements
sociaux sur 95 % actuellement du montant du rabais),
- la plus-value d'acquisition est considérée comme un complément
de salaire et donc soumise à cotisations sociales (ainsi
qu'aux prélèvements sociaux sur 97 %
désormais de son montant) en cas de cession pendant
la période d'indisponibilité, sauf dérogation ; elle est
considérée comme un revenu du patrimoine et donc soumise
uniquement aux prélèvements sociaux si le
délai d'indisponibilité est respecté,
- la plus-value de cession est soumise aux prélèvements
sociaux dans tous les cas.
Sur le plan fiscal :
| La
date à laquelle l'option vous a été attribuée |
Le
rabais... |
La
plus-value d'acquisition (ou "avantage")... |
La
plus-value de cession... |
|
Depuis le 27.04.2000 |
Régime des traitements et salaires. Le rabais imposable
s'impute sur la plus-value d'acquisition (3)
|
Respect
du délai d'indisponibilité |
Non-respect
du délai d'indisponibilité |
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Titres cédés moins de 2 ans après
la levée : imposition au taux forfaitaire (1)
de 30 % pour la fraction inférieure à
152 500 € et de 40 % pour la fraction
supérieure à 152 500 €.
Titres cédés plus de 2 ans après
la levée : imposition au taux forfaitaire (1)
de 18 % pour la fraction inférieure à
152 500 € et de 30 % pour la fraction
supérieure à 152 500 €.
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Régime des traitements et salaires (2) |
Régime des plus-values sur valeurs mobilières au taux
normal de 18 % (1) |
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Du 20.09.95 au 26.04.2000 |
Régime des plus-values sur valeurs mobilières au taux
spécial d'imposition de 30 % (1) ou, sur option,
régime des traitements et salaires. |
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Avant le 20.09.95 |
Régime des plus-values sur valeurs mobilières,
au taux normal d'imposition de 18 % (1) |
(1) + prélèvements sociaux.
(2) Il est pratiqué un système spécial
de quotient destiné à limiter les effets progressifs
du barème de l'IR.
(3) Le rabais est soumis aux prélèvements sociaux
sur 97 % de son montant.
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Le PEE - plan d'épargne
d'entreprise
Le PEE constitue un système d'épargne collectif facultatif
permettant aux salariés de constituer, avec l'aide de leur
société, un portefeuille de valeurs mobilières :
- Il peut être constitué dans toute entreprise, à l'initiative
de l'employeur ou en vertu d'un accord avec le personnel,
- tous les salariés doivent pouvoir y être associés, étant
entendu qu'une durée minimale d'ancienneté peut être exigée
(sans pouvoir excéder 3 mois),
- le plan peut être alimenté par les versements volontaires
des salariés, y compris les primes d'intéressement,
- les versements complémentaires de l'entreprise ("abondement"),
les sommes dégagées au titre de la participation, les versements
effectués par chaque salarié sont limités à 25 % de sa rémunération
annuelle (un montant minimal peut être prévu),
- l'abondement de l'entreprise est limité, par an, à 3 fois la contribution de l'employeur et 8 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (soit 2 662 € en 2008),
- les sommes destinées à alimenter le PEE doivent normalement
demeurer indisponibles pendant 5 ans, sauf cas de déblocage
anticipé autorisé (comme pour la participation).
Seules les sommes versées par l'entreprise sur le PEE sont
exonérées de cotisations sociales. Celles que vous versez
sont en revanche soumises à cotisations.
Sur le plan fiscal :
- pour l'entreprise, les sommes qu'elle verse sont déductibles
de l'assiette de l'impôt sur les bénéfices et exonérées
de la taxe sur les salaires, si la période d'indisponibilité
est respectée et en cas de déblocage anticipé autorisé,
- en ce qui vous concerne, les sommes qui vous sont versées
par l'entreprise sont également exonérées d'impôt sur le
revenu, si la période d'indisponibilité est respectée et
en cas de déblocage anticipé autorisé (à défaut, elles sont
imposables au titre des traitements et salaires) ; celles
versées par le salarié lui-même ne sont pas déductibles
de son revenu imposable.
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Le PERCO - plan
d'épargne retraite collective- issu de la Fillon portant
réforme des retraites qui s'est substitué
au PPESVR (plan partenarial d'épargne salariale volontaire
en vue de la retraite).
Le PERCO est mis en place par accord collectif de travail
en vue de constituer une épargne en vue de la retraite.
Les fonds placés sur ce plan sont bloqués jusqu'à
la date du départ en retraite.
L'abondement patronal est plafonné par an à 3 fois la contribution du salarié et 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (soit 5 324 € en 2008). L'abondement est exonéré de cotisations
sociales (mais non de prélèvements sociaux)
jusqu'à 2 300 €. Au-delà, l'abondement
est soumis à une cotisation de 8,2 % affectée
au fonds de réserve des retraites.
Au terme du plan, autrement dit lors du départ en
retraite, les sommes ou valeurs sont versées sous forme
de rente viagère.
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Le PEI - plan d'épargne
interentreprises
Il s'agit d'un plan à long terme mis en place par accord
conclu entre les partenaires sociaux. Il est destiné
à favoriser l'épargne salariale dans les PME,
en leur permettant de se regrouper selon des critères
géographiques ou professionnels, pour constituer un
plan d'épargne entreprise (PEE) ou un plan d'épargne
retraite collectif (PERCO). Ce plan peut recevoir des sommes
provenant de l'intéressement, de la participation ou
de versements spontanés.
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